La Franche-Comté est une petite région, relativement peu peuplée et avec une faible dynamique démographique. Sa capitale régionale n’a pas la taille critique pour susciter un réel effet d’entraînement ; le nord industriel autour de Belfort-Montbéliard est une agglomération multipolaire en construction encore très sujette aux divisions et aux rivalités. En outre, les agglomérations de la région sont toutes en stagnation démographique voire en déclin, soit de manière absolue (Montbéliard) soit relative au profit de leur périphérie (Besançon, Belfort)
Or le fait urbain est pourtant déterminant dans l’économie moderne, pour permettre la localisation de centres de décisions, l’accueil de cadres de haut niveau ou le développement d’un « écosystème » favorable pour les PME innovantes et conquérantes. Dans ces conditions, une politique qui vise à renforcer la centralité des villes et à développer leur caractère métropolitain va de pair avec la politique de compétitivité que nous prônons en matière économique.
Relever le défi de la concurrence entre les territoires
Nous devons avoir le courage de voir en face la concurrence entre les territoires pour l’accueil des activités et des emplois à haute valeur ajoutée. Cette concurrence sera d’ailleurs renforcée par la mise en service du TGV. Besançon souffre de la concurrence avec Dijon, et le nord Franche-Comté de celle du sud Alsace. Nous devons avoir la lucidité de reconnaître que nos agglomérations ne s’engagent pas dans cette compétition en situation très favorable.
Le renforcement des deux moteurs du développement régional que sont Besançon et l’aire urbaine de Belfort-Montbéliard nous semble devoir être la priorité de la politique régionale d’aménagement du territoire.
L’opposition que l’on constate en matière d’aménagement du territoire entre le soutien au monde rural et le développement métropolitain nous semble un faux débat, tant les dynamiques sont complémentaires. Il ne s’agit pas de vouloir faire de la ville à la campagne dans une logique d’étalement urbain, dévoreur d’espace et facteur de banalisation, ni de vouloir garantir aux populations des espaces périphériques le même niveau de services que dans les agglomérations. Ce que nous devons organiser c’est un dualisme coordonné par des systèmes de mobilité performant, entre des villes fortes et dynamiques présentant un haut niveau de service, et un monde rural préservé dans son caractère tout en étant vivant et productif.
La région à travers ses partenariats continuera de soutenir l’organisation des territoires et le développement rural. Cette politique sera désormais appuyée par une politique ambitieuse ciblée sur le développement métropolitain en faveur de la centralité de la capitale régionale, de la structuration de l’aire urbaine Belfort-Montbéliard, ainsi que du renforcement des différents pôles urbains structurants (Vesoul, Pontarlier, Lons, Dole…)
Cette politique nouvelle pourra se traduire par le soutien à des équipements ou par la mise en œuvre d’opérations d’urbanisme (reconversion de friches urbaines, développement des capacités d’accueil d’emplois tertiaires en centre-ville etc.) A cet effet, la région étudiera la possibilité de se doter d’outils d’aménagement propre qui lui permettront de porter les études préalables, d’impulser des projet ou de prendre directement la maîtrise d’ouvrage des opérations les plus importantes.











