20100220 temis 103

Avec sa tradition industrielle hautement technologique, la Franche-Comté dispose d’un
potentiel de développement certain. Cependant le tissu industriel reste très marqué par la
sous-traitance, ce qui se traduit par un taux de dépendance à l’égard de centres de
décisions extérieurs, qui atteint jusqu’à 87% dans la zone d’emploi de Montbéliard ou 81%
dans celle de Dole.
Cela n’est pourtant pas une fatalité. Grâce à une politique industrielle régionale
particulièrement volontariste, il sera possible de créer les conditions pour l’émergence
d’importantes PME autonomes, à haute valeur ajoutée, exportatrices et créatrices d’emplois.
Il est en effet impératif pour la Région de se libérer de la dépendance à l’égard des grands
groupes gérés sous la contrainte d’un pouvoir financier avide de rendements et indifférent
au sort des territoires, des sous traitants comme des hommes qui y travaillent. La
Franche-Comté a besoin de développer une culture de l’entrepreneuriat, de l’innovation et de
l’entreprise autonome. Elle doit sortir de la mono-industrie et de la sous-traitance,
valoriser toutes ses compétences et ses savoirs faire en filières d’excellence hautement
compétitives.
S’appuyer sur le développement des entreprises franc-comtoises
L’Agence Régionale de Développement coûte cher aux finances régionales, sans pour autant
produire les résultats attendus. Nous ne devons pas céder à la facilité d’accuser les hommes
en place, ni même la majorité actuelle qui a déjà tenté de réformer cette structure
(autrefois dénommée Franche Comté Expansion). Ce sont les objectifs assignés à cette
structure qui tout simplement sont obsolètes. A l’heure où toute l’industrie est en train de
se délocaliser dans les pays à bas coûts, il est aberrant d’attendre encore des
investisseurs internationaux pour accueillir des centaines d’emplois clés en main. Cette
stratégie a un siècle de retard !
Nous ne développerons le tissu économique régional qu’à partir des entreprises
franc-comtoises, insérées dans leur environnement économique et dont les centres de
décisions se situent en région, en privilégiant celles qui disposent du plus grand
potentiel. L’agence Régionale devra s’attacher à favoriser leur développement en leur
apportant tout ce qui leur fait aujourd’hui défaut pour prendre leur essor (capacité
d’innovation, fonds propres, compétences managériales…)
Il convient par ailleurs de revoir l’ensemble du dispositif d’appui au développement
économique aujourd’hui trop fragmenté entre une multitude d’acteurs. Les agences de
développement de la région et des départements gagneraient à se rapprocher dans une logique
de synergie et de complémentarité pour apparaître aux yeux des entrepreneurs un seul et même
service régional d’appui au développement économique !
Les dispositifs d’aides devront également être revus pour concentrer les moyens sur les
outils présentant les meilleurs effets leviers et les entreprises à plus fort potentiel. Les
dispositifs guichet qui fonctionnent de manière automatique et sans discernement (tant par
emploi créé ; tel pourcentage pour tout investissement) n’étant jamais les plus performants,
il conviendra de développer les systèmes de financement plus ciblés sur les vrais besoins
quitte à ce qu’ils soient plus risqués : avances remboursables en quasi fond propre de long
terme, prise de participation au capital, services aux entreprises, mutualisation de
compétences …
Des pôles régionaux d’excellence
Une entreprise n’étant rien sans son environnement social, économique ou institutionnel,
nous mettrons également l’accent sur la structuration de pôles, de filières, la
mutualisation, la mise en réseau et l’organisation des acteurs. Le développement économique
ne peut se passer d’une approche collective. En plus des quatre pôles de compétitivité déjà
labellisés par l’Etat, nous rechercherons la structuration de pôles régionaux d’excellence
dans les domaines du bois, de l’agroalimentaire, du véhicule électrique ou du biomédical…
Afin de renforcer ces filières, nous mettrons en place un dispositif d’aide à la
relocalisation des activités dans le cadre de ces futurs pôles.
Le développement technologique, le renforcement des liens entre ces pôles d’excellence et
l’appareil universitaire et de recherche constituera naturellement une priorité. Il
conviendra de s’attacher à développer au sein des PME des compétences managériales, pour
renforcer la capacité de rechercher des débouchés à l’export, sécuriser le financement des
projets, protéger et valoriser un brevet, ou gérer la croissance d’une entreprise en
développement. Ce système d’assistance pourra passer soit par des aides directes, soit par
un service apporté par des structures tierces (mutualisation de services, prestations,
conseils, accompagnement …) Un accent particulier sera mis sur la recherche de débouchés
dans les pays émergents du Moyen orient ou de l’Asie Centrale par la mise en place d’un
service d’accompagnement individualisé.
Mobilisation générale contre la désindustrialisation de notre économie !
Au sein de l’assemblée régionale, nous nous ferons les défenseurs acharnés de  notre
l’industrie tant nous sommes conscients de l’importance essentielle des activités
productives, pour la défense de l’emploi, la création de richesses, la contribution à la
croissance et … la survie de territoires tels que la Franche Comté ! Besançon, Belfort et
Montbéliard ne seront jamais la City, la Défense ou la Cote d’Azur. Chez nous, on vit par le
travail productif et l’industrie manufacturière. C’est notre âme, notre identité, notre
passé et nous entendons bien que cela reste notre avenir !
La pensée économique dominante des années 2000 a voulu nous faire croire que l’industrie
était définitivement condamnée à partir dans les pays à bas coûts et que la France devait
s’adapter par la recherche, la conception, la commercialisation et les activités de
services. On mesure aujourd’hui l’étendue de l’ineptie de cette idéologie post-industrielle !

Seule l’industrie est pourvoyeuse d’emplois stables, qualifiés et bien rémunérés. La
désindustrialisation, c’est la mort lente, la ruine et la faillite. Nous devons refuser de
toutes nos forces cette évolution mortifère ! Même des économistes orthodoxes comme Patrick
Artus considèrent aujourd’hui qu’il ne saurait y avoir d’économie prospère et stable sans
une base productive solide(1).
Au moment où les pouvoirs publics semblent prendre conscience de la nécessité de sauver
l’industrie, la Franche-Comté a une carte à jouer pour profiter d’un renouveau possible des
politiques industrielles et d’un souhaitable mouvement de relocalisation d’activités.
Sans attendre, nous devons faire entendre la voix des territoires qui refusent de toutes
leurs forces le mirage d’une économie entièrement tertiarisée. Nous ne réclamons pas une
indemnisation pour des emplois que l’on aura sciemment sacrifiés. Nous ne voulons pas
entendre parler de « reconversion » ! Diversification, mutation, développement
technologique, et compétitivité, oui ! Reconversion et abandon de notre appareil industriel,
non !
Nous serons les avocats inlassables d’une industrie forte, compétitive et ancrée dans la
réalité humaine des territoires. C’est pourquoi, nous proposerons la création d’une
association de toutes les régions industrielles d’Europe occidentale pour défendre la
pérennité de notre modèle économique par des politiques volontaristes qui protégeront nos
usines et nos emplois contre toutes les concurrences déloyales et les comportements de
prédateurs sans scrupules !
La défense de l’industrie occidentale se jouera à l’OMC, à Bruxelles et à Paris. Elle se
jouera aussi en régions !