On ne saurait parler de démocratie lorsque les citoyens ne connaissent ni leurs élus, ni leur actions et lorsque la dilution des responsabilités est telle qu’elle interdit en réalité toute mise en jeu de la responsabilité politique. Une fois de plus, le résultat de ces élections régionales sera déterminée par des considérations de politique nationale, sans que les enjeux franc-comtois et le bilan de la majorité sortante ne puisse être sérieusement discutée.
La refondation d’une vraie démocratie locale passe non seulement par une reprise en main institutionnelle des régions afin d’en faire des acteurs politiques de plein exercice (chapitre précédent) mais aussi sur la manière de faire de la politique.
Le dialogue républicain plutôt que la guéguerre des partis
Le Mouvement Démocrate lutte au plan national contre les dérives liée à l’exercice solitaire du pouvoir et son appropriation par l’exécutif, comme contre l’enfermement du débat public sur les jeux d’appareil, la communication ou les oppositions partisanes stériles. Nous nous battrons en région avec la même énergie contre toutes ces dérives qui pervertissent la démocratie.
Nous sommes en faveur d’un exercice partagé du pouvoir. Le président du conseil régional ne doit pas décider de tout seul, selon son bon vouloir et ses humeurs du moment. La construction des politiques doit être le fruit d’un dialogue permanent entre l’exécutif, les techniciens de l’administration, des experts extérieurs, la majorité et au-delà l’ensemble de l’assemblée régionale, le conseil économique et social régional ainsi que les représentant des acteurs socio-économiques.
Nous sommes attachés à la mise en place d’une gouvernance distribuée et partenariale, ouverte sur l’opposition comme sur les acteurs de terrain, parce que nous sommes convaincus qu’il s’agit d’une condition absolue pour que l’action publique recherche l’intérêt général et pour que la démocratie ne se pervertisse pas par une appropriation du jeu politique par des intérêts particuliers ou partisans.
C’est pourquoi, en ce qui nous concerne, nous prônerons toujours le dialogue républicain le plus large possible avec tous groupes politiques. Dès lors que le débat s’organise autour des dossiers régionaux et des enjeux Franc-comtois, tout le monde doit pouvoir parler avec tout le monde, sans craindre l’expression de points de vue divergents, et sans rejeter a priori, ni la manifestation d’un consensus, ni la conclusion d’un compromis.
Associer toutes les parties prenantes à l’élaboration des politiques
De même, nous chercherons toujours à ouvrir le débat public sur la société, soit directement aux citoyens par des exercices de consultations publiques, soit par une association des représentants des acteurs socio-économiques à la définition des orientations des politiques régionales. Il ne s’agit pas bien entendu, de recueillir la demande sociale dans le but de promettre à chacun ce qu’il attend, mais de faire appel à d’autres points de vue (praticiens, experts…) et d’autres visions de l’intérêt régional.
La démocratie locale que nous souhaitons impose également de se mettre en situation d’être contrôlé, et par l’opposition et par le citoyen. A cet effet, de grands progrès doivent être réalisés dans l’accessibilité des politiques publiques et la publicité de leurs résultats. Une assemblée régionale moderne doit fonctionner comme s’il existait une séparation des pouvoirs entre un corps exécutif qui arbitre et qui rend des comptes et un corps législatif qui oriente et qui contrôle.
On n’a rien n’a été inventé de mieux que contrôle de l’action publique par une opposition intelligente et constructive pour inciter les titulaires du pouvoir à se surpasser pour donner le meilleur à leurs concitoyens.
La démocratie entendue au sens d’un pouvoir exercé par les représentants du peuple, contrôlé par le peuple, et exercé dans l’intérêt du Peuple, demeure un idéal et un combat de tous les jours. L’oublier c’est renoncer insidieusement et progressivement à ce qui fait l’âme de notre nation.











