photo de Ciccio Pizzettaro
La Franche-Comté est structurée autour de l’autoroute A36, le long de la vallée du Doubs, sur un axe Ouest-Est, que viendra encore renforcer la mise en service de la LGV Rhin-Rhône. En revanche, sa connexion au nord (Sillon Lorrain de Nancy au Luxembourg, Belgique, Allemagne du nord ouest) et au Sud (Rhône-Alpes, Suisse Romande, nord de l’Italie) est encore très perfectible. L’ouverture d’un axe Nord-sud dans lequel inscrire la Franche-Comté nous semble devoir être la priorité des prochaines décennies en matière d’infrastructures de transports, qu’il s’agisse du ferroviaire ou du routier.
Nous sommes favorables au fait de rapprocher Besançon et Lyon par la mise en service de TGV. Dans son principe, une ligne performante dédiée au fret et au transport de voyageurs permettant d’améliorer les temps de parcours vers Rhône Alpes et le sud est une évidence.
Nous sommes en revanche opposés au projet actuel de « branche Sud » du TGV Rhin-Rhône, qui prévoit la réalisation de plus de 100 km de voies nouvelles dans le Jura, avec ce que cela implique en termes d’impact environnemental (nuisances sonores, pertes des terres agricoles, incidence sur la biodiversité…) En outre, le coût de ce projet – non soutenu par l’Europe - ne nous semble pas se justifier, ni économiquement, ni en gain de temps. Dans le contexte actuel, marqué par la crise et la raréfaction des ressources budgétaires, il nous semble judicieux de privilégier l’amélioration du réseau existant pour consacrer nos moyens à d’autres priorités.
Nous pensons également nécessaire d’étudier la réalisation d’une « branche nord » au TGV Rhin-Rhône afin de connecter la branche ouest au sillon lorrain, soit à la hauteur de Belfort par une liaison à moderniser entre Epinal et la nouvelle gare de l’aire urbaine, soit à la hauteur de Dijon par une amélioration de la ligne vers Nancy.
Dans le cadre des améliorations des circulations vers le sud, les liaisons avec la Suisse doivent faire l’objet d’une attention toute particulière, que ce soit en direction de Bâle (liaison SNCF Paris-Bâle à pérenniser) vers Lausanne (Paris-Dole-Lausanne) ou par la création d’une boucle ferroviaire que rendra possible la réouverture de la ligne Belfort-Delle (Belfort, Delémont, Bienne, Neuchâtel, Frasne, Besançon, Montbéliard) à connecter plus efficacement avec Genève. La Franche Comté ne tire pas suffisamment profit de son caractère frontalier avec la Suisse francophone, alors que ces deux régions ont vocation à s’intégrer dans un espace économique partagé. En matière routière, la connexion de la Franche-Comté vers le sud est réalisée via l’autoroute A 39. En revanche, la mise à deux fois deux voies de la RN57 n’étant toujours pas achevée, la liaison vers le sillon lorrain reste insatisfaisante. Il ne faut pas en la matière céder au dogmatisme anti-réseau routier. Nous nous voulons réaliste et pragmatique. Il s’agit uniquement d’achever ce qui a été commencé. Cette posture vaut d’ailleurs pour tout les chantiers déjà engagés et notamment la RN 19…
L’ouverture de la Franche-Comté sur le monde passe également par une meilleure connexion par transport ferroviaire aux aéroports internationaux du grand Est que sont Bâle-Mulhouse, Genève et Lyon Saint Exupéry. Les aéroports régionaux nous semblent en effet une solution insatisfaisante et dépassée qui ne doit plus être privilégiée par les politiques régionales. Il faut viser le meilleur rapport coût-efficacité.
Située entre les couloirs rhodanien et rhénan, la Franche-Comté est une terre de transit qui voit le trafic poids lourds augmenter continuellement (+3.2% par an) ce qui conduit à la saturation du réseau autoroutier (31% de camions sur l’A 36) C’est pourquoi la région devra soutenir et accompagner financièrement toutes les initiatives qui viseraient à organiser un service de ferroutage pour le transit des marchandises de l’Europe du nord vers la Méditerranée.
En matière de transports régionaux, la rénovation du parc de TER devra être poursuivie. L’objectif des prochaines années doit cependant se concentrer sur l’amélioration des systèmes de tarification et du développement de l’intermodalité, en favorisant notamment la possibilité d’associer TER et vélo.











