
La France subit régulièrement des crises graves dans certains bassins de mono-industries ou d’industries traditionnelles. Régulièrement depuis plus de 50 ans, on voit s’appauvrir fortement des bassins entiers dont le dynamisme reposait essentiellement sur une industrie lourde…
Le pays de Montbéliard et plus largement, la zone urbaine de Belfort/Montbéliard ne déroge pas à la règle. Baisse d’effectifs importante chez PSA, Alstom, et bien d’autres encore. La crise récente n’explique pas ce phénomène récurrent. Une politique d’externalisation accompagnée de délocalisations, ainsi qu’un repli sur les seuls métiers liés aux grandes entreprises ont entraîné dans notre région la déprofessionnalisation des métiers. Ainsi c’est toute une région qui s’essouffle.
Aujourd’hui à Sochaux, berceau d’un champion industriel, on peut dire sans se tromper, que seuls trois secteurs sont pourvoyeurs de postes (en période de croissance…) les monteurs liés à la fabrication, les cadres, techniciens et ingénieurs liés au développement de nouveaux modèles, et les services à l’industrie.
Cette situation a évidemment des conséquences graves sur les métiers techniques, ainsi en Novembre 2009 selon l’observatoire de l’emploi, 30% des demandes concernent les métiers de la Mécanique de l’électricité et de l’électronique. C’est de loin le plus gros volume de demandes d’emplois (tertiaire inclus…). Conséquence d’années de recentrage sur le produit, les grandes entreprises ne veulent plus de main d’œuvre qualifiée, de professionnels et de techniciens.
Sans faire d’ironie, nous affirmons qu’au moment où de nombreuses entreprises dans le monde cherchent à se diversifier, nos boîtes locales font l’inverse. En Allemagne pourtant, malgré les mêmes handicaps, il y a belle lurette que des PME d’envergure ont vu le jour, elles génèrent plus de 30% des exportations totales, évidemment elles sont présentes là où nous nous contentons souvent d’être spectateurs…
Déprofessionnalisation, perte de savoir-faire… devraient pourtant interpeler plus fortement nos décideurs. Nous n’arriverons jamais à dynamiser notre économie locale si nous ne favorisons pas l’émergence de métiers à forte valeur ajoutée, qui, sont également une parade aux délocalisations.
La future zone de Technoland 2 dans le pays de Montbéliard peut être l’occasion de réussir une telle entreprise, on sait que l’artisanat ne suffira pas, il faut être exigeant et avoir l’ambition d’y voir fleurir deux ou trois PME dynamiques, de haute technologie, et tournées vers l’exportation….
Les secteurs de la bio-technologie, des nanotechnologies, des énergies renouvelables, des économies d’énergie, sont porteurs d’avenir.
Le Modem au niveau National comme au niveau local affirme que seules des PME dynamiques et performantes pourront revitaliser le tissu économique Français. La région avec ses compétences doit être le moteur de ce redémarrage industriel et vite !!
La création d’emplois dans le tertiaire a atteint, et même dépassé, les limites du possible , sans secteur économique dynamique, l’endettement des régions ne peut que s’aggraver en entraînant une pression fiscale insupportable.
Paul Royen
Daniel Bouzat










